Généalogie GARGADENNEC-JULIEN

Guilhem V de MONTPELLIER

 Blason des seigneurs de Montpellier

 

Guilhem V (1075 - 1121), fils de Bernard Guilhem IV, seigneur de Montpellier. Il est très jeune à la mort de son père.

Sa mère, Ermengarde, quitte Montpellier peu de temps après pour épouser le seigneur d' Anduze. Bernard Guilhem IV avait confié la garde de l'enfant à sa grand-mère Beliarde ainsi qu'à des proches parents, Guilhem Arnaud, Raimond Etienne et Guilhem Aymoin. 

LES DEBUTS DE L'EXERCICE SEIGNEURIAL

Le début de l'activité seigneuriale de Guilhem n'est pas marqué par des actes d'une bien grande importance. En 1076, il achète une terre près du Peyrou et une table de Marché. Raymond, fils de Bonnefon, lui prête serment au sujet de la tour ou forteresse de Montpellier. En 1080 le Comte de Melgueil s'entend avec lui et Guilhem Aimoin au sujet des Droit féodaux concernant l'organisation de la justice, sur le régime de la monnaie Melgorienne, la possession des routes et sur des usurpations commises à son détriment ; ces usurpations furent confirmées par le Comte de Melgueil qui promit sa fille en mariage aux seigneurs de Montpellier.

LE CONFLIT AVEC L'EVEQUE DE MAGUELONE

Abbaye de Maguelone

 

Les usurpations déplurent à l'évêque de Maguelone, GODEFROY, qui provoqua l'intervention du Pape Urbain II. En 1088, Guilhem V venait d'acquérir le fief de Pierre de Lunas, dans Montpelliéret. Cette acquisition réalisée, il s'était emparé du fief de Pierre Liacans. Le Comte de Melgueil Pierre s'empara du Droit de nommer à l'évêché de Maguelone. Par la suite il en fit renonciation. Guilhem de Montpellier, entraîné par son exemple, se saisit des églises mêmes ou il exerçait toute sorte d'autorité sur les prêtres qui les desservaient. Godefroy, Evêque de Maguelone, autant célèbre par sa fermeté que par la sainteté de ses moeurs, cita Guilhem de Montpellier à une assemblée, où se trouvèrent Pierre Archevêque d'Aix, Hugues, Evêque de Cavaillon, Pons, Prévot de son église de Maguelone avec nombre de ses Chanoines, Alquier Archi-prêtre de Lodève, et plusieurs Laïques qui tous condamnèrent Guilhem à perdre le fief qu'il tenait de l'évêque de Maguelone "PROPTER MAIEFACTA QUEO &CLERICIS FECERAT".

Guilhem voyant qu'il ne pouvait s'y maintenir qu'en gagnant les bonnes graces de son évêque, le pria avec insistance de lui rendre le fief. " QUODIPSE & ANTECESSORES SUI TENUERANT ". Godefroy qui songeait moins à le dépouiller qu'a l'instruire, se contenta d'exiger de lui une reconnaissance, où après l'avoir fait renoncer de toutes les surpassions qu'il avait faites, lui donna tout le fief de ses prédécesseurs, excepté l'église de Sainte Marie de Montpellier, celle de Montpelliéret et toutes les autres églises, sur lesquelles Guilhem ne pourrait exiger de Dime. Il n'exercerait aucune juridiction sur les Clercs.

Pour adoucir en quelques sorte la soumission qu'il venait de faire, Godefroy lui donna tout ce que Pierre Licas possédait au-de-là des fossés de la ville " QUOD EST INFRA & FORIS MUNROS DE MONTPELLIERET " avec le tiers des maisons bâties et à bâtir dans Montpellieret TERTIAM PARTEM NOVORUM OEDIFICORUM QUEFACTA SUN VEL ERUNT IN MONTEPESLEIRETO ". Sauf les églises et les cimetières avec leurs dépendances, il paya pour le tout Trois Cens Sols melgoriens et fit entre les mains de Godefroy, le serment de fidélité qui est écrit dans les archives, commençant par ces mots :

" AUDI TU GOTHOFREDE EPISCOPE "

- " Reconnoisse-vous tout dit-il, que le fief que vous tenès de moy & de Saint Pierre de Maguelonne est meilleur qu'aucun autre fief que vous teniès d' un autre seigneur ? "

- " Je le reconnois (dit Ghuilhem) "

- " Reconnoissez-qu'il est glus avantageux d'estre nostre homager que d'aucun autre ? "

- " Je le reconnois "

- " Rendes-vous à Dieu, à Saint Pierre & à moy l' église de Sainte Marie de Montpellier avec tous ses Clercs ?

 - "Je les rends"

- "Rendés-vous l'église de Montpelliéret, avec le cimetière & toutes ses dépendances ? "

- " Je les rends "

- " Rennnoncés-vous au tiers des Dimes, que vous preniés sur tous les Clercs de cette ville & aux deux tiers du fief que Pierre Licas tenoit de Saint Pierre, au-delà des murailles & des fossés de Montpellier ? "

- " J'y renonce " "QUOD EST INFRA & FORIS MUROS "

Charles d'Aigrefeuille nous dit :

" Par le contenu de ce acte, que Verdal met en 1090, on peut éclaircir divers points de notre histoire : - il parait que Guilhem fils d' Eremengarde devait succéder à son père, quelques années avant le temps où se passa l'action mentionnée dans cet acte ; parce qu'il lui fallait bien du temps pour établir son usurpation, un autre pour assembler les juges, qui reçurent les plaintes de l'évêque de Maguelone et pour l'exécution de la sentence, ainsi je croirais volontier qu'on peut mettre environ 1085 le temps ou Guilhem fils d' Ermengarde succéda à son père. - Il parait que l'église Sainte marie subsistait alors de même que celle de Saint Denis, qui servait à Montpelliéret d'église Paroissiale, bâtie alors où se trouve aujourd'hui La Citadelle (Lycée Joffre ) - Que Montpellier était déjà environné de muraille et de fossés - Que l'étendue de Montpelliéret était alors plus grande qu'elle n'est à présent et on soupçonne fort que l'endroit accordé à Guilhem par l'évêque Godefroy, ne soit tout ce qu'on trouve à main droite, en allant du lieu que nous appelons " Le Bout du Monde " jusqu'à la porte de la Blanquerie, passant par la Chapelle Neuve et devant Sainte Ursule, parce que tout le quartier resta toujours à la paroisse de Saint Denis, quoique pour le temporel il appartient aux Guilhem, les seigneurs de Montpellier.

La paix que Guilhem venait de faire avec son Evêque fut bientôt suivie de celle de Pierre, Comte de Melgueil, qui lui donna en mariage sa fille " EREMENSENDE " l'une des plus Saintes et des plus habiles femmes de ce temps, dont il eut 7 enfants :

Guilhem VI Guillaume, seigneur de Montpellier

Guillaume "minor", seigneur d'Aumelas

Bernard, seigneur de Villeneuve

Guillelme, femme de Raymon Bernard, comte de Melgueil

Ermeniarde

Adelaïs

Sibylle.

Pierre, Comte de Melgueil, craignant que son gendre Guilhem V ne vint à se brouiller de nouveau avec son Evêque, lui fit ratifier par un second acte, l'abandon qu'il avait déjà fait en faveur de Godefroy. Cet acte de l'an 1093 figure dans les archives de l'hôtel de Ville où Guilhem prend le nom de "Fils d' Ermengarde ".

Tout étant devenu paisible dans le pays par le moyen de ces deux accords, Guilhem chercha des occasions au dehors à exercer son courage. Cette occasion fut la Première Croisade, qui fut résolue en Concile de Clermont en Auvergne en 1096.

Pape URBAIN II

 

L'année précédente, Guilhem eut l'avantage d'être le premier seigneur du royaume qui reçut sur ses terres le Souverain Pontife URBAIN II, qui étant parti après le Concile de Plaisance pour venir en France, aborda Maguelone où Guilhem alla le recevoir avec toute la noblesse du " Païs " et le conduisit à Montpellier où il le traita magnifiquement.

LA PARTICIPATION A LA 1ERE CROISADE (1096-1105)

 

Adhémar de Monteil à ANTIOCHE lors de la 1ère croisade.

 

À l'appel du pape Urbain II, Guilhem V prend la croix et participe à la première croisade sous la bannière du comte Raymond IV de Toulouse. Guilhem s'y engagea avec plusieurs seigneurs du voisinage : Guillaume Raymond, fils de Raymond Gaucelin, qui se maria à Antioche, Pons et Bernard de Montlaur, Guillaume de Fabrègues, Eléazar de Montredon, Pierre et Bernard de Montagnac, Othon de Cornon, Guillaume Bertrand et Aléazard de Castries.

Il s'illustre à la tête d'un contingent lors de la prise de la petite ville syrienne de Maarat an-Numan en 1098 (Runciman (1978), Vol. 1, p. 259. ).

Après la prise de Jérusalem, Guilhem V, contrairement à de nombreux seigneurs, ne va pas quitter la Terre Sainte tout de suite. Il reste aux cotés de Godefroy de Bouillon, devenu roi de Jérusalem, qui tente d'affermir les conquêtes franques, ilots isolés en terres musulmanes. Il l'accompagne en décembre 1099 au siège d'Arsuf qui est un échec.

En 1105, Guilhem V est de retour à Montpellier. Il accompagne la veuve et le jeune fils de Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse (William of Malmesbury II, 388, p. 338.). Il rapporte de Terre Sainte une relique de saint Cléophas.

Revenant de terre Sainte sans ressource il est marié à ERMENSENDE. Il va être amené à concéder la Viguerie et le Château seigneurial à Raymond Guilhem, devenu Evêque de Nîmes, et à son frère, Bernard Guilhem.

" Au nom du Seigneur, moi Guilhem de Montpellier, je te donne à toi Raymond et Bernard Guilhem ton frère, l'entière Viguerie de Montpellier, la Viguerie de toutes les terres et manses de Montpellier. "

Ayant confié l'administration de la seigneurie de Montpellier aux viguiers, les frères Aimoins (qui en ont profité pour usurper de nombreux droits), il doit s'entendre avec eux et est obligé de démembrer son autorité seigneuriale. Pendant son absence, ils s'approprient le Château et refusent de le lui restituer à son retour d'Orient. Cela oblige Guilhem V à construire un nouveau Château sur le haut de la colline Castel Moton, sur l'emplacement actuel de la Place de la Canourgue (ancien Hôtel de Ville).

LA GUERRE D'ESPAGNE (1114)

Son voyage d'outre-mer servit à Guilhem pour lui faire mieux connaître l'intérêt particulier qu'il avait à faire prospérer le commerce que les habitants de Montpellier entretenaient avec le port de Lattes.

Avant de partir pour la guerre d'Espagne en 1114, il fit son premier testament. Il confia la garde de la seigneurie et de ses enfants, tous mineurs, à son frère utérin Bernard d'Anduze, à défaut de celui-ci, à Decan de Posquières et à défaut de ce dernier, à l'évêque de Maguelone, Galtier. Il commence sa campagne d'Espagne par Mayorque et Ibiza .

Il participe à la prise de Majorque sur les Maures en 1114 aux côtés du comte Raimond-Bérenger III de Barcelone.

En 1114, il accorde le "castellum d'Omelas" à "Bernardo de Andusia fratri meo et infantium suis" (Maguelonne XXXVIII, p. 76. [J.-C. Chuat] ).

Château d'AUMELAS (Hérault)

L'EXTENSION DE LA SEIGNEURIE DE MONTPELLIER

Le reste de son règne est marqué par des acquisitions importantes (Montarnaud, Cournonsec, Montferrier, Frontignan, Aumelas, Montbazin, Popian) :

1111 : il reçoit le serment de fidélité du Château de Montarnaud,  donation en Aleu du Château de Frontignan

1113 : il achète le Château de Montbazin pour mille sols Melgoriens

1118 : il achète le Château d'Aumelas

1120 : il marie sa fille Guillaumette à Bernard Comte de Melgueil.

LE TESTAMENT DE 1121.

Dans son testament il ne parle pas de son second Château, c'est Guilhem VI qui l'achèvera et l'habita certainement le premier. Il indique dans ce testament qu'un juif ou un Sarrasin ne peut être Bayle à Montpellier. Il ordonne qu'on distribue pour l'amour de Dieu tous ses vases d'argent. Il laisse à son fils aîné, la ville de Montpellier avec toutes ses dépendances, toute la Palu de Lattes avec ses moulins et tout ce que d'autres y tenaient pour lui. Dans le cas où ses enfants mourraient sans héritiers légitimes, ils seraient substitués l'un de l'autre, les hommes ayant le pas sur les femmes. Il défend à ses filles de prendre mari sans le consentement du seigneur de Montpellier et sans le conseil des "Nobles Hommes " qui le composent. Il termine son testament en exigeant l'exécution de ses volontés et remettant sa femme et ses enfants à la garde de Dieu et de ses sujets.

 

Sources : Wikipedia, Montpellier.free.fr



31/08/2008
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