Généalogie GARGADENNEC-JULIEN

Jaufré RUDEL (1100/1113 - 1148/1170), poète occitan

 

Jaufré Rudel (v. 1113 à Blaye - v. 1170) est un troubadour aquitain de langue d'oc. Surnommé le " prince de Blaye ", ville dont il fut le seigneur, il prit part à la deuxième croisade (v. 1147-1149). Selon la légende, il aurait entendu parler de la princesse de Tripoli, et en serait tombé amoureux. Puis, au cours de la deuxième croisade, il serait mort dans les bras de la princesse de Tripoli.  

 

Il écrivit des chansons d'amour où il chante « l'amour lointain », c'est-à-dire l'amour impossible et sans espoir, en célébrant peut-être la comtesse Hodierne de Tripoli, une dame bien née et inaccessible. Il semble qu'il soit effectivement tombé amoureux d'une dame établie en Orient et que, pour des raisons matérielles ou psychologiques, cet amour soit resté un amour de loin (« amor de lonh »).  

 

Sept poèmes de Rudel ont survécu, dont quatre avec leur notation mélodique.

 

" Quan lo rius de la fontana S'esclarzis, si cum far sol, E par la flors aiglentina, El rossinholetz el ram Volf e refranh ez aplana Son dous chantar et afina, Dreitz es qu'ieu lo mieu refranba."

" Quand le ruisseau de la fontaine S'éclaircit, comme il le fait Et paraît la fleur d'églantine Et le rossignolet sur la branche Lance et reprend et adoucit Son doux chant embellit, Il faut bien que le mien reprenne. "

 

UN AMOR DE LONH

 

« Remembra.m d'un amor de lonh Vau de talan embroncs e clis Si que chans ni flor d'albespis No.m platz plus que l'inverns gelatz […] Quan drutz lonhdas et tan vezis Qu'ab cortes ginh jauzis solatz

Iratz e dolens m'en partirai S'eu no vei cest'amor de lonh No.msai quora mais la virai Que tan son nostras terras lonh Assatz i a pas e camis E per aisso non.n sui devis Mas tot sia com lei platz »

 

UN AMOUR DE LOIN

« Je me souviens d'un amour de loin De désir je vais morne et courbé Si bien que chant et fleur d'aubépine Ne me plaisent pas plus que l'hiver gelé […] Quand l'amant de loin sera si proche Qu'avec l'esprit courtois il pourra jouir du plaisir

Triste et malheureux je m'en éloignerai Si je ne vois cet amour de loin Mais je ne sais quand je la reverrai Car nos pays sont trop lointains Il y a tant de passages et de chemins Et pour cela je ne puis rien deviner Mais que tout soit comme il lui plaît »

 

 

Jaufré Rudel (v. 1100-v. 1150), Extrait de la cançon « Laquan li jorn son lonc en mai... »* in La Pensée de midi, N° 11. Hiver 2003-2004, p. 165.

 

 

 

Jaufré Rudel Laquan li jorn son lonc en mai... (cançon)

aquan li jorn son lonc en mai

M'es belhs dous chans d'auzelhs de lonh

E quan mi sui partitz de lai

Remembra'm d'un amor de lonh :

Vau de talan embroncx e clis

Si que chans ni flors d'albespis

No'm platz plus que l'ivems gelatz

e tenc lo Senhor per verai

Per qu'ieu veirai l'amor de lonh ;

Mas per un ben que m'en eschai

N'ai dos mals, car tant m'es de lonh.

Ai ! car me fos fai lai pelegris,

Si que mos fustz e mos tapis

Fos pels sieus belhs uelhs remiratz !

 

e'm parra jois quan li querrai,

Per amor Dieu, l'amor de lonh :

E, s'a lieis platz, alberguarai

Pres de lieis, si be'm sui de lonh :

Adoncs parra'l parlamens fis

Quan drutz lonhdas er tan vezis

Qu'a bels digz jausira solatz.

ratz e gauzens m'en partrai,

S'ieu ja la vei, l'amor de lonh.

Mas non sai quora la veirai

Car trop son nostras terras lonh :

Assatz i a pas e camis,

E per aisso no'n sui devis !

Mas tot sia com a Diu platz !

 

"L'Amour de loin", Jaufré Rudel (vers 1150)

 

Lorsque les jours sont longs en mai

M'est beau doux chant d'oiseaux de loin

Et quand je suis parti de là

Me souvenant d'amour de loin

Vais de désir front bas et clin

Ainsi chants ni fleurs d'aubépine

Me plais(ent) plus que l'hiver(nale) gelée

Jamais d'amour me réjouirai

Si ne jouis (de) cet amour de loin

Que mieux ni meilleur ne connais

Vais nulle part ni près ni loin

Tant est son prix vrai et sûr

Que là devant les Sarrasins

Pour elle être captif (je) réclame

Triste et joyeux m'en partirai

Quand verrai cet amour de loin

Mais ne sais quand la reverrai

Car nos terrains sont vraiment loins

Il y a tant cols et chemins

Et pour ceci ne suis devin

Mais que tout soit comme à Dieu plaît

Paraîtra joie quand lui querrai

Pour l'amour-Dieu l'amour de loin

Et s'il lui plaît j'habiterai

Près d'ell(e) mêm(e) si je suis de loin

Donc arrivera l'entretien fi

Qu'amant lointain devenu proche

A ses beaux dits jouira (de) plaisir

Je tiens bien le Seigneur pour vrai

Par qui verrai l'amour de loin

Mais pour un bien qui m'en échoit

J'ai deux maux car tant m'est de loin

Ah que (je) sois là-bas pélerin

Que mon bâton et mon tapis

Soient par ses beaux yeux regardés

(que) Dieu qui fit tout qui va et vient

Et forma cet amour de loin

Donn(e) le pouvoir au coeur que j'ai

Que bientôt (je) vois l'amour de loin

Vérita(ble)ment en lieu aisé

Tel que la chambre et le jardin

Me semblent tout temps un palais

Il dit vrai qui me dit avide

Si désireux d'amour de loin

Car nulle autre joie ne me plaît

Que de jouir de l'amour de loin

Mais ce que (je) veux m'est interdit

Car ainsi (me) dota mon parrain

Que j'aime et ne suis pas aimé

Mais ce que (je) veux m'est interdit

Que tout maudit soit le parrain

Qui fit que ne suis pas aimé

 

 

Jaufré Rudel et Hodierne de Tripoli

 

 

UN CHAGRIN BIEN MODERNE

« Troubadour et poète occitan du XIIe siècle, Jaufré
 Rudel, prince de Blaye, s'était joint à la deuxième 
croisade (v. 1147-1149). (…) Avait-il entendu parler, 
comme on le dit, de la Dame d'Orient par des pèlerins 
d'Antioche ? Est-ce pour ses faveurs qu'il s'était 
croisé ? Est-ce à cette occasion que le curieux nostos*
 amoureux s'empara de lui ? Un chagrin bien moderne, 
de ceux qui se réfèrent à une langueur… constitutive.
On dit qu'il écrivit sept chansons d'amour ou 
peut-être huit, toutes dédiées à sa fameuse princesse 
de Tripoli (Liban). La connut-il ? En vit-il un portrait,
 propre à enflammer son cœur ? Elle (Mélissinde ?),
 l'objet du désir, existe-t-elle vraiment, est-elle un 
rêve galant, une érudite allégorie, l'objet idéel d'une
 divine quête ? Une hypostase ?
Dans trois des chansons, le poète amoureux soupire
 pour une dame qu'il n'a jamais vue. Il mourra en
 s'unissant à elle. Le raccourci est saisissant. La
 Vérité, la Mort, la Connaissance, autant de thèmes
 qui nous incitent à considérer l'expérience
 poético-érotique comme initiation mystique ou 
philosophique à la Sagesse et à ses (é)preuves.
Quoi qu'il en soit, Jaufré Rudel crée le genre 
éponyme de l'Amour lointain, engage la lyrique
 et la pensée européenne dans une voie qui
 connaîtra son apogée chez les romantiques, au 
XIXe siècle, chemin jonché de dépouilles, de 
défaites, mais glorieux de son impartageable bonheur. »

Catherine Peillon, « L'Amour de loin » [extrait],

 in La Pensée de midi, id., p. 166.

 

Nostos : retour, en grec ancien. Le nostos algos,

c'est le mal du pays (algos signifie souffrance),

qui a donné le mot nostalgie.

 

 

Château de Jaufré RUDEL à Blaye (Gironde)

 

 

LES ORIGINES DE JAUFRE RUDEL

 

(d'après l'article "Du Troubadour Rigaut de Barbezieux au Troubadour Jaufre Rudel" par M. Henri Lacombe, Mémoires de la Société Archéologique et Historique de la Charente, année 1961 - 1962, Supplément au "Bulletin de la Société Archéologique et Historique de la Charente", N. 74).

 

(...)

 

Incidemment, une question subsidiaire se pose : quel était le Geoffrey Rudel, "prince de Blaye", dont la baronne de Tonnay était la fille? Et qui était le "troubadour" Jaufre Rudel, que les Périgordins tiennent às'approprier?

 

En effet, la généalogie des princes de Blaye ne nous fut jamais donnée sans possibles contestations, car les documents de cette époque de l'Histoire ne sont pas nombreux, ni aisément accessibles. Alors, remontons dans le temps. Bien que de nombreux historiens aient établi la généalogie des Comtes héréditaires d'Angoulême, de la Maison de Taillefer, il nous apparaît nécessaire de reprendre celle-ci afin de dispenser le lecteur d'avoir à se reporter aux ouvrages à étudier, car il importe de différencier le Comte d'Angoulême de celui de Périgueux, afin de montrer que la branche des Rudel, établie à Blaye, descend uniquement des Comtes d'Angoulême.

 

Donc, rappelons que Vulgrin, petit-fils de Charlemagne, fut pourvu d'Angoulême, par Charles-le-Chauve, en 866, et qu'il avait épousé Rogelinde, fille du comte de Toulouse, Guillaume Ier, laquelle avait eu en dot le vicomté d'Agen et du Périgord, que son frère Guillaume II lui avait constitué. Vulgrin mourut, - dit-on, sans certitude -, le 3 mai 886 et fut enterré à l'abbaye de Saint-Cybard.

 

De Regelinde, il eut deux fils Alduin et Guillaume. Alduin Ier succéda à son père au comté d'Angoulême. Guillaume devint comte de Périgord et d'Agen. Et jamais on ne verra qui que ce soit de sa descendance occuper le comté d'Angoulême. Il ne pourra donc être fait de confusion dans respective descendance des deux frères. Alduin Ier mourut on ne sait exactement en quelle année, mais il fut également enterré à Saint-Cybard, soit en 916, soit en 929.

 

Il laissa un fils, Guillaume Ier, qui lui succéda. C'est celui-ci qui, par ses faits d'armes, fut nommé Taillefer. De son coté, le comte Guillaume de Périgueux avait laissé un fils, Bernard, qui lui succéda. Les deux cousins, Guillaume Ier d'Angoulême et Bernard de Périgueux, s'entendirent fort bien. Quand le comte Guillaume Taillefer mourut, le 4 mars 975, et fut enterré à Saint-Cybard, comme ses prédécesseurs, il ne laissa qu'un fils en bas âge, Arnaud, qui fut dit "Manser" ou "Mainzer", parce qu'il était, paraît-il, bâtard, et dont Bernard de Périgueux devint tuteur. Mais ledit Bernard mourut aussi, en laissant : Hélie Ier, son fils aîné, qui devint comte de Périgord, et ne put en jouir longtemps. Ses frères lui succédèrent bientôt ; à savoir : Guillaume dit Talleyrand, Ranulphe dit Bonpar, et Gaubert. C'est alors que ces derniers, convoitant le patrimoine de leur cousin Arnaud d'Angoulême, tentèrent de s'en emparer. Mais ils en furent finalement chassés. Et comme ils moururent sans postérité, le comte de la Marche, Boson, qui avait épousé leur sœur Emma, se trouva devenir comte de Périgord et d'Agen.

 

En 1001, Guillaume II Taillefer succéda à Arnaud, son père. Il épousa Giberge, fille de Geoffroi Grisegonnelle, comte d'Anjou et, à cette occasion, le comté de Blaye passa entre ses mains. Ce fait important est à retenir.

 

De cette union naquirent :

1 - Alduin II qui succéda à Guillaume II, - mort le 8 avril 1028 et enterré à Saint-Cybard. Il épousa Alauzie, fille de Sanche de Gascogne, laquelle empoisonna son beau-père!

2 - Geoffroy, qui épousa Péronelle ou Pétronille d'Archiac, fille de Mesnard le riche.

3 - Guillaume et Olderic, qui se déshonorèrent. Tous ces frères furent ennemis!

 

Geoffroy voulut usurper Blaye, et ce fut la guerre fratricide! Enfin, après réconciliation, il obtint les trois quarts de ce comté.

 

En mourant, en 1030, Alduin II avait bien laissé deux fils Guillaume et Arnaud, mais qui n'eurent rien de 1'héritage d'Angoumois, en raison du crime de leur mère. Par suite, ce fut Geoffroy - on dit aussi Geoffré - qui succéda à son frère aîné. De cette façon, il eut le comté d'Angoulême et l'entier comté de Blaye pour lui seul. Quand il mourut, en 1048, pour être également enterré à Saint-Cybard, il laissa six enfants, nés de son ménage avec Pétronille d'Archiac:

1 - Foulques, qui lui succéda comme comte d'Angoulême;

2 - Geoffrey, dit Rudel, qui eut le comté de Blaye;

3 - Arnaud, qui eut Montausier;

4 - 5 - Guillaume et Aymard, qui devinrent évêques d'Angoulême, auxquels, dit-on, il faudrait ajouter un Guillaume Frédelant.

 

C'est donc à partir de ce moment 1à qu'il faut voir commencer la filiation de la branche des Rudel de Blaye, et en déduire qu'elle ne provient aucunement des Taillefer du Périgord. Nous ne ferons donc pas état, maintenant, des autres comtes héréditaires d'Angoulême qui suivirent. Nous noterons, simplement, en ce qui les concerne, que Vulgrin II (1120), reprit Blaye au duc d'Aquitaine, Guillaume-le-Jeune, et qu'en ces temps apparut un Girard-de-Blaye qui fut, comme les autres, enterré à Saint-Cybard, le 16 novembre 1140.

 

Par conséquent, c'est entre 1030 et 1048 qu'on peut approximativement reconnaître les premiers princes"dominus" de Blaye, en partant de Geoffrey Ier Rudel, sinon peut-être de Guillaume Frédelant, qu'on place habituellement à la sa suite en 1101. En effet, une confusion entre eux n'est pas impossible. On prétend que Geoffroy Ier était dit "Gui Rudel" ; mais certains pensent qu'il se serait agit, tout simplement, de Guillaume Frédelant, dont on aurait fait "Gui" par abréviation intempestive de "Guillaume", si bien que ce surnom ne pouvait être appliqué logiquement à Geoffroy.

 

Or, comme ce Guillaume n'apparaît pas dans la filiation normale de Geoffré et de Pétronille d'Archiac, par exemple, Corlieu n'en fait pas mention -, il se pourrait qu'on eut affaire à un seul et même personnage. Toujours est-il qu'a Geoffroy Ier de Blaye, mort en 1108, succéda Guillaume, dont on ne trouve pas trace après 1101. Apparut, alors, Vulgrin II, qui vivait encore en 1140, mais qui semble disparu en 1159, puisque c'est Geoffroy II qui suit, qui est intervenu, à cette date, auprès de Henri II d'Angleterre. Vient ensuite ledit Geoffroy II, sans doute fils de Vulgrin, dont la domination peut être évaluée de 1145 à 1180 - ou 1187. Il était marié. Il eut, au moins, un fils né en 1161, qui lui succéda.

 

Soit Geoffroy III, qui domina à Blaye de 1180 - ou 1187 - à 1245. Viennent ensuite Geoffroy IV et son fils Girard, etc. En conséquence, où placer Jaufre Rudel - le Troubadour, dans cette filiation? Les points de repérage font défaut. Mais assurément on ne peut l'assimiler à Geoffroy II, à Geoffroy III, ou à Geoffroy IV. Tout s'y oppose. En effet, nous savons de lui qu'il prit part à la IIe Croisade, en 1147, en compagnie du roi LouisVII et d'Eléonore d'Aquitaine, et qu'il n'en revint pas, quoique, pour certains, c'est en 1162 qu'il serait mort à Tripoli. Mais, aussi bien, son départ en Terre-Sainte ne peut correspondre qu'à un âge où il était adulte, sans être très âgé et, par conséquent, il apparaît assez peu vraisemblable qu'il ait été fils de Geoffroy II. Mais, par contre, il aurait pu être fils de Guillaume Frédelant et frère de Vulgrin et de Girard (enterré, comme on l'a dit, en 1140, à Saint-Cybard), et autres.

 

Fut-il, aussi, frère d'Hélie Rudel de Bergerac, puisqu'il est admis qu'il y en avait un de ce prénom, et que, tous les deux, courtisèrent Guillemette de Benauge? Rien ne nous est prouvé indiscutablement! Dans tous les cas, bien que pour être dit "Seigneur de Blaye", jamais Jaufre Rudel n'a personnifié, pour autant, un véritable "dominus de Blaye". Nous pensons qu'il ne faut pas oublier ce détail dans la discussion qui reste ouverte. En attendant, ouvrons une parenthèse complémentaire concernant les Rudel périgordins:

 

- En 1120, est mort Hélie Ier Rudel de Bergerac, qui est dit "cousin ou neveu du troubadour". Il avait épousé la fille du seigneur de Bergerac et avait succédé à celui-ci. Mais cela ne nous indique pas s'il s'agissait d'un cousinage résultant de la branche des Taillefer du Périgord, cela pouvant, aussi, signifier simple parenté, mais, de toute façon, rien ne s'oppose à ce qu'il y ait eu transfert des Rudel de Blaye dansle Périgord ; - en effet, en 1146, vit encore Hélie V Rudel, comte de Périgord, qui put avoir été père d'Hélie Ier de Bergerac ; selon l'abbé Depeyre, il était issu d'une branche cadette et reconnue des Taillefer d'Angoulême ; - en 1167, est cité un autre Rudel, seigneur de Bergerac. Aussi bien, la présence d'une lignée de Rudel, en Périgord et à Bergerac, intrigue forcément l'historien. Précisément, il ne l'est pas moins, en découvrant que sont sculptées sur les clefs de voûte de l'église-forteresse de Rudelle, commune de Lacapelle-Marival, dans le Lot, une pièce du blason des Rudel de Bergerac "la patte de griffon".

 

 

La coïncidence est, en effet, curieuse, car ni la cité, ni l'église en question ne furent jamais une propriété des Rudel, soit de Bergerac, soit de Blaye! Elles dépendaient seulement des seigneurs de Cardaillac, dont fut Uc de St-Cirq, ce qui permet de supposer que celui-ci - lui même troubadour très réputé -, étant ami et admirateur de Jaufre Rudel, aurait voulu l'honorer en donnant son nom à la cité nouvelle et en gravant ses armes sur son église, afin d'immortaliser le nom et le souvenir de l'amoureux de la Princesse Lointaine?

 

Mais saura-t-on jamais ce qui influença vraiment les personnages de cette époque, pour laquelle nous ne disposons que de rares documents? Car, n'oublions pas, d'un autre côté, que 1'abbaye de La Couronne eut des relations suivies avec les seigneurs de Condaillac, et que Lacapelle-Marival se trouvait placé sous son autorité.

 

En conclusion, tout au moins provisoire, Jaufre Rudel était le plus illustre des blayais, et un Taillefer d'Angoulême. Pour terminer, il nous reste à préciser de quel prince de Blaye était fille la baronne de Tonnay, chantée par Rigaut de Barbezieux. Celle-ci était Agnes de Blaye, qui épousa Geoffroy III de Tonnay. Etant de la même génération que Rigaut de Barbezieux, elle pouvait donc être fille de Geoffroy II de Blaye. C'est d'ailleurs vers celui-ci qu'il faut se tourner, si nous faisons confiance à l'opinion autorisée de Gaston de Paris. On ne peut, en effet, la supposer fille de Geoffroy III de Blaye qui, dans la chronologie, apparaîtrait beaucoup trop jeune pour avoir cette qualité. Donc, Agnes était plutôt sa sœur. Finalement, ce que nous retiendrons, c'est que Rigaut de Barbezieux devint poète à cause d'elle, et qu'il s'est immortalisé pour 1'honneur de notre Angoumois.

 

avril 1962

 



14/09/2008
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