Généalogie GARGADENNEC-JULIEN

Roger-Bernard III de Foix (1243-1302)

 

Roger-Bernard III de Foix, né en 1243 et mort le 3 mars 1302, fut comte de Foix de 1265 à 1302.

Il était fils de Roger IV, comte de Foix, et de Brunissende de Cardonne. Il eut des démêlés avec Philippe le Hardi, roi de France et Pierre III, roi d'Aragon, qui le tinrent quelque temps en captivité. Il se distingua comme poète et comme troubadour. Il épousa vers 1252 Marguerite de Moncade († 1319), vicomtesse de Béarn et comtesse de Bigorre, fille de Gaston VII, vicomte de Béarn, et de Berthe de Mastas, comtesse de Bigorre, et eut :

Gaston Ier († 1315), comte de Foix et de Bigorre et vicomte de Béarn

Constance, mariée en 1296 à Jean Ier de Lévis, seigneur de Mirepoix

Mathe, mariée vers 1294 à Bernard IV, comte d'Astarac

Marguerite († 1304), mariée en 1291 à Bernard Jourdain IV, baron de l'Isle-Jourdain

Brunissende, mariée en 1298 à Hélie VII de Talleyrand, comte de Périgord

ROGER-BERNARD III avait, non l'âge de douze ans, comme quelques-uns l'ont prétendu, mais celui de vingt-deux, lorsqu'il succéda , dans le comté de Foix, à Roger IV, son père. Il eut cependant pour tuteur Amanieu d'Armagnac, archevêque d'Auch, jusqu'à vingt-cinq ans, âge fixé dans la province pour la majorité. La même année, 1265, il rendit aux chânoines de Saint-Antonin, du consentement de ce prélat, le château de Pamiers. (Gall. Chr. , no. , tom. I, col. 993. )

 

LE CONFLIT AVEC PHILIPPE LE HARDI

 

Roger-Bernard III se heurta de plein fouet à la volonté des Rois de France désireux de faire reconnaître leur autorité dans tout le Midi de la France.

 

Philippe III le Hardi

 

Roger-Bernard marcha, l'an 1272, au secours de Géraud V, comte d'Armagnac, son beau-frère, contre Géraud de Casaubon, pour venger la mort d'Arnaud-Bernard, frère du premier, que l'autre avait tué dans un combat.

 

Les deux comtes assiègent dans son château de Sompuy, près d'Eauze, leur ennemi, malgré la sauvegarde qu'il avait obtenue du roi Philippe le Hardi, et sans respect pour les panonceaux royaux que le sénéchal de Toulouse avait fait apposer à la place. S'en étant rendus maîtres, ils la pillent après en avoir massacré les habitants ; sur quoi le roi les fait citer à sa cour pour rendre raison à leur conduite.

 

Le comte d'Amagnac obéit;  mais celui de Foix refuse de comparaître. Il fit plus, pour achever d'irriter le monarque, il assaillit inopinément le sénéchal de Toulouse, comme il traversait le pays de Foix sans dessein de lui nuire, fit prisonnier plusieurs de ses gens, et lui enleva ses bagages. Le sénéchal eut bientôt sa revanche ; car ayant rassemblé promptement les troupes de son ressort, il vint fondre dans le pays de Foix dont il prit les plus fortes places jusqu'au Pas de la Barre. Il eut pu même se rendre maître de tout le comté sans le conseil de quelques personnes qui l'en détournèrent.


A cette nouvelle , le roi se met en marche à la tête d'une
puissante armée pour achever de réduire le comte rebelle. Arrivé à Toulouse le 26 et non le 28 mai, il en part huit jours après, et dirige sa route du côté de Pamiers. Le roi d'Aragon et le vicomte de Béarn, beau-père de Roger-Bernard, viennent à sa rencontre. On entre en conférence, et on convient que le comte de Foix viendra se remettre à la discrétion du monarque. 


 

          Château de Foix en Ariège

 

Le Roi d'Aragon Jaime Ier tenta de négocier la paix (Le Comte de Foix venait en effet de se placer sous la protection de ce Roi.) mais Roger-Bernard III trouva les conditions trop dures. Les troupes du Roi de France assiégèrent donc le château de Foix (3 juin 1272). Avec la sape de l'assise rocheuse de la citadelle, le Comte de Foix se rendit (5 juin 1272) et fut emmené, garroté, dans une geôle de Carcassonne.

 

Philippe le Hardi prit possession du château de Foix mais le Roi d'Aragon refusa de livrer les places de la haute ariège, causant ainsi un début de conflit entre France et Aragon.

 

Le Roi Jaimes d'Aragon ne livra les châteaux réclamés que le 8 février 1273, abandonnant ainsi ses prétentions sur ces terres. Quant au Comte de Foix, il ne fut libéré que vers la fin de l'an 1273 ; il rendit hommage au Roi de France qui lui rendit une partie de ses biens.

 

Par la suite, Roger-Bernard III suivit fidèlement le Roi Philippe III de France qui le reconnut parmi ses plus loyaux et fidèles vassaux (décembre 1277). D'ailleurs, Roger-Bernard III de Foix fut impliqué dans la guerre de succession du Trône de Navarre.

 

LA GUERRE DE SUCCESSION DE NAVARRE

 

Il y avait d'un côté le parti aragonais et de l'autre le parti français. Les troupes du Roi de France, dont était le Comte de Foix, envahirent la Navarre (septembre 1276) et prirent la capitale Pampelune pour la mettre à sac, à feu et à sang. En récompense, le Roi de France restitua au Comte de Foix le reste de ses biens (ceux au sud du Pas de La Barre). Dès lors, ce Comte de Foix, comme tous ses successeurs, ne reconnurent plus l'autorité du Roi d'Aragon pour leurs domaines situés au nord des Pyrénées.

 

LE PAREAGE AVEC L'ANDORRE

 

Roger-Bernard III de Foix négocia avec l'Evêque d'Urgell au sujet de l'Andorre pour éteindre la vieille querelle sur ces terres. Grâce à des médiateurs, un accord fut conclut (8 septembre 1278) donnant naissance à un paréage. L'Andorre devint ainsi une co-seigneurie entre l'Evêque d'Urgell et le Comte de Foix. Il n'y eu plus jamais de tension. Ce paréage fut légèrement modifié en 1278.

 

LA GUERRE AVEC LE ROI D'ARAGON

 

Au printemps 1280, Roger-Bernard III mena une coalition de seigneurs catalans contre le Roi Pierre III d'Aragon. Assiégé dans le château de Balaguer, le Comte de Foix dut se rendre (22 juillet 1280) au Roi d'Aragon qui l'enferma sévèrement.

 

Pierre III d'ARAGON (1239-1285)

 

Ce fut alors le Roi de France Philippe III le Hardi qui se préoccupa du Comte de Foix. Entretemps, le Roi Philippe III s'était assuré de la sécurité des possessions fuxéennes.

 

L'Affaire de Sicile avait éclaté ("Vêpres Sicilienne" du 31 mars 1282 contre les Angevins) où le Roi Pierre III d'Aragon était acteur puisqu'il tentait d'évincer du Trône de Sicile Charles Ier d'Anjou (frère de Saint Louis), favori du pape. Le Roi d'Aragon avait été excommunié, sa Couronne proclamée vacante et proposée au Roi de France qui accepta. Menacé, Pierre III d'Aragon devait compter et mobiliser ses vassaux. Mais aussi se rallier le Comte de Foix qui fut libéré en décembre 1283 contre l'extorsion de l'abandon de la Vicomté de castelbon.

 

Charles Ier d'ANJOU, frère de Saint-Louis

 

Engagement nul car extorqué de force par un excommunié, Roger-Bernard III de Foix se rangea immédiatement au côté du Roi de France dans sa "Croisade d'Aragon". Elne fut prise (25 mai 1285) puis Gérone qui capitula (7 septembre 1285) après un long siège. Les négociations de la capitulation avaient été faites par le Comte de Foix et Raimond-Roger (frère du Comte de Pallars-Sobirà), un des principaux capitaines de Pierre III d'Aragon.

 

Cependant, la flotte française avait été défaite tandis que la maladie et la famine décimaient les troupes françaises qui durent donc se replier. Le Roi Philippe III le hardi mourrut à Perpignan (5 octobre 1285) suivi de près par le Roi Pierre III (11 novembre 1285).

 

LE SECOND CONFLIT AVEC LE ROI DE FRANCE

 

Cette mort très rapide sauva le Comte de Foix de la fureur du Roi d'Aragon. En 1290, le Comte de Foix tenta d'empêcher que les sénéchaux de Toulouse et Carcassonne interviennent dans les affaires du Comté (justice, taxes diverses ..etc...). Ces fonctionnaires royaux tentaient de récupérer pour le Roi le pouvoir que leurs prédécesseurs avaient laissé échapper.

 

Cette nouveauté était difficile à admettre après une si longue habitude d'indépendance réelle. Devant le refus d'obéissance, le Roi de France Philippe IV le Bel confisqua deux châteaux (1290) mais nomma (en 1295) le Comte de Foix Gouverneur de Gascogne.

 

Cependant, le Roi Philippe IV le Bel ordonna au Sénéchal de Carcassonne de cesser ses abus d'autorités (1293) à l'encontre du Comte de Foix.

 

LA PRISE DE POSSESSION DE LA VICOMTE DU BEARN

 

En 1252, Roger-Bernard III de Foix avait épousé Marguerite de Moncade, fille du Vicomte Gaston VII de Béarn. Selon les volontés du Vicomte, Marguerite dévait hériter de ses biens. Tout le monde fut d'accord sauf Mathe, soeur de marguerite et épouse du Comte Géraud V d'Armagnac. Puis le Vicomte changeant d'avis, une autre fille fut désignée Guillemette (ou Guillema) ; Mathe refusait toujours ! Le Vicomte de Béarn Gaston VII mourrut en 1290 et Roger-Bernard III de Foix s'assura immédiatement de la possession du Béarn (mai 1290).

 

Dès lors, les Comtes de Foix se nommèrent Foix-Béarn et portèrent également les armes de cette Vicomté.

 

Armes des Foix-Béarn

 

Curieusement, le Comte d'Armagnac ne contesta cet héritage de la Vicomté de Béarn (au nom de sa femme Mathe) qu'en 1293. Débuta donc une longue guerre entre les deux Maisons de Foix-Béarn et d'Armagnac qui ne cesserait qu'avec le Comte Gaston III Febus (1377).

 

De temps à autre, les Rois de France trancheraient en faveur de l'un ou de l'autre camps. En 1295, la guerre entre les Rois de France et d'Angleterre reprit. Le Comte de Foix s'y illustra bien que les officiers royaux taxaient (pour financer la guerre) les sujets de Roger-Bernard III de Foix contre sa volonté. Ainsi, le Sénéchal de Carcassonne reçut l'ordre (29 avril 1295) de rendre les places séquestrées depuis 1290. En marque de reconnaissance et de paiement, d'autres places furent données au Comte de Foix (juillet 1295, 1298) par le Roi Philippe IV le Bel.

 

L'Affaire Bernard Saisset, Evêque de Pamiers, accusé par le Roi Philippe IV le Bel de conspirer contre lui et de prôner l'indépendance du Languedoc, toucha le Comte de Foix. C'est ce dernier qui informa indirectement le Roi de France. Pour résumer, Bernard Saisset tentait de pousser Roger-Bernard III de Foix à prendre la tête des toulousains révoltés contre le Roi Philippe IV le Bel afin d'en devenir leur Roi. Ceci était sans doute un piège puisque le Comte était en procés avec l'Evêque. Mais, démasqué, l'Evêque créa un très grave incident entre le Roi de France et le Pape Boniface VIII ; l'Evêque dut s'exiler à Rome. Le Gallicanisme naquit.

 

Guillema de Moncade donna l'essentiel de ses domaines catalans au Roi Jaime II d'Aragon (avril 1300). Voulant s'y opposer, Roger-Bernard III se mit à la tête d'une forte troupe mais avant de passer le col de Puymaurens, décéda à Tarascon (-sur-Ariège) le 3 mars 1302. Sa dépouille fut inhumée en l'abbaye de Boulbonne, auprès de ses ancêtres.

 

Comte querelleur (des deux côtés de Pyrénées), souvent près de perdre ses domaines, emprisonné 5 ans de sa vie, il s'opposa souvent aux Rois d'Aragon et de France. Mais s'il se brouilla définitivement avec le Roi d'Aragon, il suivit ensuite fidèlement le parti du Roi de France même si cela ne fut pas facile. Car le Comte dut défendre bec et ongles ses droits et prérogatives (justice, exploitation de mines, fiscalité) en son haut Comté de Foix fâce à la volonté inverse du Roi.

 

Son fils Gaston Ier lui succéda.

 

SOURCES :

Thierry BOREL (www.foixstory.com)

G. Marsan : extrait des livres de Francisco Fernandez de Bethencourt,

Eugène VASSEUR "Les Nobles aïeux de trois seigneurs rouergats du 17ème siècle" 2002 3e éd.

Wikipedia

" L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments : depuis la naissance de Notre-Seigneur, par le moyen d'une table chronologique, avec un calendrier perpétuel, l'histoire abrégée des conciles, des papes, des empereurs ... des rois " par des religieux Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur (Dom M. Dantine, Dom C. Clémencet et Dom U. Durand), Paris, 1750



04/09/2008
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