Yvon de Kérouzéré (v1375-1424/1435), Juge universel de Bretagne
Les origines de la famille Kérouzéré
La famille de Kerouzéré n'apparaît qu'au quatorzième siècle, en la personne d'Yvon de Kerouzéré, époux de Marie de Pennanéach, qui vivait vers 1340, ainsi que leur fils Salomon. Leur petit-fils Jean, sénéchal de Morlaix (1385-1389 ?), épousa Marguerite de Pontanpoul, dame de Meniaoutet ou Menfaoutet (de la "Pierre Fendue" en français) en Cléder.
De ce mariage est issu Eon ou Yvon (dit Yvon Ier) de Kerouzéré, sénéchal de Broerec en 1405.
Blason des Kérouzéré
Une ascension sociale rapide
L'ascension sociale de la famille Kerouzéré est exemplaire.
Un attachement indéfectible à la cause des Monforts lui attire la faveur ducale, qui assure la fortune de cette lignée léonarde de petite noblesse, arrivée au premier rang à la fin du Moyen-Age grâce aux offices détenus dans la justice, dans les finances et dans le conseil ducal : Yvon de Kérouzéré est ainsi successivement :
- sénéchal de Broerech en 1405,
(En 1407, il reçut mission d'enquêter sur les malversations de certains agents des finances ducales)
- conseiller du Duc de Bretagne en 1408,
- président au Parlement de Bretagne en 1419,
- premier sénéchal du comté de Monfort en 1420.
En 1420, il reçoit les offices des sénéchaussée d'Huelgoat et Landelean pour le récompenser de sa conduite pendant l'affaire des Penthièvre.
Il devint Président universel de Bretagne, c'est à dire chef de la magistrature dans tous le duché et mourut en 1424, laissant de son alliance avec Jeanne de Rosmadec, trois fils, avec le premier desquels se termina la branche aînée. Le second, nommé Eon, succéda à son père dans la charge de juge universel de Bretagne (entre 1424 et 1435), devint également Grand Chambellan du Duc de Bretagne (vers 1425-vers 1458) et échanson du duc de Bretagne (vers 1420). Le troisième, Alain de Kerouzéré, fut d'église, chanoine du Léon, ambassadeur du Duc de Bretagne en Ecosse.
Les "courses" dans la Manche
Cette haute charge de judicature ne l'empêchait pas d'imiter plusieurs seigneurs riverains de la même époque, et d'écumer quelque peu la Manche au moyen de barques armées en guerre, qui trouvaient abri sûr dans l'anse de Mogueriec, protégée à courte de distance par les deux donjons de Kerouzéré et de Trogoff, ce dernier situé sur une pointe extrême du littoral de Cléder, au lieu dit aujourd'hui "Castel en Roué".
On voit en effet cet Eon obtenir du duc Jean V des lettres de sauvegarde, valables durant un an, pour quatre marchands anglais, ces prisonniers, leurs deux navires et leurs vingt mariniers, afin de leur permettre sans doute d'aller quérir leur rançon.
Le château actuel de Kérouzéré à Sibiril (nord Finistère).
C'est Jean II, fils de Yvon Ier, qui fit construire le château actuel de Kérouzéré.
Le château de Kérouzéré (1425), est édifié par Jean II de Kérouzéré (décédé en 1460), époux de Constance Le Barbier, à l'emplacement d'une maison forte attestée depuis le XIVème siècle (époque à laquelle elle joue un rôle dans la guerre de Succession).
Kerouzéré était jadis une haute justice qui s'exerçait à Plouescat et qui relevait du fief de Maillé-Seisploué. Le 30 novembre 1457, le duc Arthur III donne "congé au sire de Kerouzéré de fortifier la place et la maison de Kerouzéré". Les registres de la chancellerie de Bretagne contiennent deux mandements ducaux relatifs à la fortification de Kerouzéré : l'un de 1459, l'autre de 1468, tous deux donnés par François II.
Le château comportait, à l'origine, 4 tours d'angle (celle du sud-ouest a été détruite en 1590) et un chemin de ronde à créneaux et mâchicoulis. L'accès nord se faisait par un pont-levis. Les douves qui l'encerclaient sont comblées au début du XVIIème siècle. L'étang est asséché en 1856. Il comportait un colombier daté de la fin du XVème siècle ou du début du XVIème siècle.
Propriété de Jehan, seigneur de Kerouzéré. Jehan III décède en 1518 et sa fille unique, Marie de Kerouzéré épouse le 21 janvier 1492, Jehan de Kérimel (Kerymel), fils de Jacques de Kerymel et de Jehanne du Chastel (seigneur et dame de Coëtinisan et de Coëtles). Propriété ensuite de la famille de Kérimel (vers 1540), puis de la famille de Boiséon (en 1522). Démantelé en 1590 (durant la Ligue), il est restauré au début du XVIIème siècle (par Pierre de Boiséon), et restera la propriété de la famille de Boiséon jusqu'en 1682. Il est vendu en 1682 à Yves du Poulpry, seigneur de Lavengat, sénéchal de Léon. Puis il devient la propriété de la famille de Bréhant (en 1714), Berthelin du Clos, Larlan (en 1720), Eon (en 1764), Rosnivynen de Piré (en 1789), Du Beaudiez (en 1822), Rusquec, Kerdrel (en 1912), et de la famille Calan.
Sources :
- Chantal DANIEL, Introduction au "Chartrier de Kerouzéré"
- B. Yeurc'h (catalogue des Officiers de finances ducaux, Jean Kerhervé)
- B. Yeurc'h (Dom Morice II, 1094)
- B. Yeurc'h (Hervé Torchet, forum "noblesse bretonne" sur Yahoo.com).
- B. Yeurc'h (Lettres et mandements de Jean V, n 1170, AD22 2E400)
- B. Yeurc'h (Louis Le GUENNEC, "Choses et gens de Bretagne", p19. , 1976)
- AD29 151 J 2 à 9 DM II, 1094 : en 1421 Eon est cité comme président de la Bretagne)
- AD22 2E400 : en 1420, don à Eon de KEROUZERE des offices des sénéchaussée d'Huelgoat et Landelean pour le récompenser de sa conduite pendant l'affaire des Penthièvre (Lettres et mandements de Jean V, n° 1170)
- http://www.infobretagne.com (commune de SIBIRIL)
LIEN DE PARENTE
Erwan Gargadennec est un descendant à la 20e génération de Yvon Ier de KEROUZERE, Sénéchal de Broerech.
SOURCE : Base généanet "mastrec34"